Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rayons éclairage : le consommateur grand perdant

14 Novembre 2012 , Rédigé par Henri Coulloumme-Labarthe

Sur le marché résidentiel, largement dominé par les grandes surfaces, les enquêtes menées auprès des consommateurs montrent que ceux-ci perçoivent les ampoules qui leurs sont proposées comme chères, de qualité inégale et donnant un rendu moins agréable que les lampes classiques.

Quelle est la situation exacte 3 ans après l'entrée en vigueur en 2009 de la directive européenne "EUP" qui a interdit progressivement la commercialisation des ampoules incandescentes gourmandes en énergie, au nom de la lutte contre le changement climatique ?

Tout d'abord, le prix moyen des ampoules a indéniablement explosé, passant d'un niveau de 1 à 2€ à 4 à 5 €, ce qui est probablement inédit en terme de taux de progression. La facture est d'autant plus salée pour nos concitoyens qui restaient en Europe les plus friands des ampoules incandescentes, peu onéreuses à l'achat ; en effet, celles-ci sont beaucoup plus simples à fabriquer que les lampes à économie d'énergie (lampes basse consommation "LBC" ou LED), et leurs usines de production, très anciennes pour la plupart, depuis longtemps amorties.

Cette inflation subite aurait du s'accompagner d'une démarche pédagogique de la part des industriels et des grandes surfaces pour faciliter le choix des lampes à substituer et argumenter sur l'économie en coût global -énergie et durée de remplacement compris- qui fait la force des lampes basse consommation.

Au lieu de cela, ceux-ci ont eu le tort de multiplier à l'envi les nouvelles références de lampes censées être plus vertueuses, en maintenant dans leurs rayons des modèles de qualité très inégale.

Il en résulte la plus grande confusion pour les usagers à l'heure du choix fatidique de la "bonne" ampoule, d'autant que les informations disponibles sont techniques et peu explicites.

Si les LBC consomment 4 à 5 fois moins que les ampoules incandescentes, on sait que leur point faible est la fragilité aux allumages et extinctions fréquents, ainsi que la lenteur de l'allumage; or, il a fallu attendre 30 ans pour que les fabricants se voient imposer par les pouvoirs publics un affichage obligatoire des performances de leurs lampes répondant à ces problématiques bien connues des consommateurs.

Quant à la technologie LED, elle reste encore relativement chère à produire pour des besoins d'éclairage d'ambiance, où une luminosité minimale est souhaitée ; sur le secteur résidentiel, les fabricants et distributeurs ont voulu tirer partie de la réglementation et prendre des parts de marché en ciblant un coût de vente final inférieur à 10 €, de façon à challenger les autres lampes.

Autant dire qu'à ce prix la plupart des lampes proposées n'ont pas la longévité attendue, ont une lumière peu qualitative et surtout n'éclairent pas suffisamment, même si elles s'allument instantanément, avantage apprécié des consommateurs.

Le consommateur n’est pas dupe et souvent échaudé par des essais non concluants a tendance, comme le montre une récente enquête, à privilégier la prudence en continuant à acheter les lampes à incandescence résiduelles dites "à flux amélioré" (mais qui n'économisent que 20% à 30% en moyenne contre 70% à 80% pour les LBC et LED). Une aubaine pour les fabricants traditionnels (Philips et Osram principalement) qui peuvent ainsi compenser les baisses de volume par des marges bien plus généreuses, car le surcoût de fabrication de ces lampes par rapport aux ampoules précédentes est loin d'être en rapport avec les hausses de prix pratiquées (x 4 en moyenne).

En dehors du fait que nous prenons ainsi, par ce statu quo, du retard sur la voie de l'efficacité énergétique, cette situation engendre une méfiance vis-à-vis des LED, technologie pourtant la plus prometteuse en terme de qualité et de longévité  et qui plus est porteuse d'emplois dans notre pays.

Le consommateur n’est pas dupe et souvent échaudé par des essais non concluants a tendance, comme le montre une récente enquête, à privilégier la prudence en continuant à acheter les lampes à incandescence résiduelles dites "à flux amélioré" (mais qui n'économisent que 20% à 30% en moyenne contre 70% à 80% pour les LBC et LED). Une aubaine pour les fabricants traditionnels (Philips et Osram principalement) qui peuvent ainsi compenser les baisses de volume par des marges bien plus généreuses, car le surcoût de fabrication de ces lampes par rapport aux ampoules précédentes est loin d'être en rapport avec les hausses de prix pratiquées (x 4 en moyenne).

En dehors du fait que nous prenons ainsi, par ce statu quo, du retard sur la voie de l'efficacité énergétique, cette situation engendre une méfiance vis-à-vis des LED, technologie pourtant la plus prometteuse en terme de qualité et de longévité  et qui plus est porteuse d'emplois dans notre pays.

 

Pour ne pas obérer son potentiel de développement,  il apparaît urgent de prendre des mesures drastiques en vue de corriger les problèmes de qualité actuels.

En premier lieu, il appartient aux pouvoirs publics de faire appliquer les réglementations sur les étiquetages par des contrôles ciblés et des sanctions exemplaires à l'encontre des fraudeurs.

Par ailleurs, la lisibilité des informations figurant sur les emballages doit être grandement améliorée: aux sempiternelles mentions commerciales « nombre W  en LBC/LED éclairent nombre W" (qui n'éclairent personne...), il convient de substituer l'indication d'économie annuelle en € par rapport à une ampoule classique, calculée à partir d'hypothèses standard reconnues.

D’autre part, la possibilité de tester les principales gammes de lampes doit être offerte pour que les consommateurs puissent se faire une opinion concrète de la qualité ainsi que de la consommation. Les moyens à mettre en place (douille alimentée en électricité et petit compteur d’énergie) sont peu onéreux et faciles à mettre en place, qu'attend-t-on pour les généraliser ?

Mais tous les efforts ne peuvent pas venir que de la distribution ; il importe parallèlement de peser sur la qualité de l'offre et à ce titre les pouvoirs publics gagneraient à s'inspirer des expériences réussies menées à l'étranger.

Certains Etats ont ainsi eu l'intelligence d'agir en amont avec la mise en place de labels de qualité, qui impliquent des exigences minimales de performance auxquels sont tenus de se conformer les fabricants, tests à l'appui.  Des dispositifs reconnus tels Minergie en Suisse et Energy Star en Amérique du Nord ont ainsi permis de dynamiser les ventes de matériels de qualité.

Nos amis suisses ont même été plus loin en agissant "en aval" sur l'offre effective en magasin : ainsi, l'agence nationale de l'énergie propose un guide comparatif Topten gratuit en ligne (www.topten.ch) qui classe les différentes gammes d'ampoules selon leur rapport qualité/prix à partir des caractéristiques relevées chez les distributeurs.

Enfin, sachant que comme on l'a vu, le ticket moyen pour acheter une lampe de qualité est de toute façon élevé, il convient d'être plus inventifs sur la manière de vendre les nouvelles solutions d'éclairage, en proposant par exemple des formules de location tenant compte des économies d'énergie réalisées et de la forte longévité des lampes.

Partager cet article